Zone C, cette partie de la Cisjordanie que la droite israélienne n’a jamais voulu lâcher

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En principe, depuis le 1er juillet, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu peut révéler à tout moment les contours de son projet d’annexion en Cisjordanie. Dans son viseur sont les blocs de colonies juives et la vallée du Jourdain, située dans la zone C de Cisjordanie, qui a toujours été convoitée par la droite d’extrême droite d’Israël.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, peut en principe révéler à tout moment, depuis le 1er juillet, sa stratégie concernant l’annexion d’un tiers de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967. Notamment les blocs de colonies juives et la vallée du Jourdain, une bande de terres agricoles très fertile qui représente 30% du territoire.

Une promesse électorale controversée qui s’inscrit dans la logique du «plan de paix» présenté par Donald Trump fin janvier. S’il était réalisé, il signifierait la fin de la solution à deux États et détruirait toute idée d’un État palestinien contigu et viable.

“Benjamin Netanyahu a fait de ce projet une affaire personnelle, il veut entrer dans l’histoire comme l’un des premiers ministres à avoir validé une forme d’annexion comme Menachem Begin avec le plateau du Golan en 1981, ou encore Levi Eskhol avec Jérusalem-Est, après la guerre de 1967 “, explique à France 24 David Rigoulet-Roze, chercheur spécialiste du Moyen-Orient, associé à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris), et rédacteur en chef de la revue” Orients Strategic “.

Les territoires convoités par Benjamin Netanyahu, qui semble tergiverser en attendant le feu vert américain, se trouvent dans la zone C de Cisjordanie. Cette zone, sous les accords d’Oslo signés dans les années 90 par les Israéliens et les Palestiniens, est divisée en trois secteurs.


Capture d’écran. © France 24

La zone A est sous contrôle palestinien exclusif, la zone B sous administration palestinienne et contrôle de sécurité israélien et donc la zone C, sous contrôle de sécurité et administratif exclusif de l’État hébreu.

Selon les accords d’Oslo, cette fragmentation du territoire palestinien, qui occupe 60% du territoire occupé et la seule bande de terre se poursuivant dans la zone C, devait initialement rester temporaire, jusqu’à ce que de nouveaux accords conduisent à la création d’un État. Côté palestinien d’Israël. En vain vingt-sept ans plus tard.

La droite considère “la zone C comme israélienne”

“À l’origine, l’idée était que la zone C deviendrait progressivement une partie de l’Autorité palestinienne, et finalement une partie de (l’état) de la Palestine quand il y aurait un accord permanent”, se souvient Yossi Beilin, négociateur israélien des accords d’Oslo, interviewé par l’AFP. . Mais la droite considère «la zone C comme israélienne» et «abuse d’Oslo» en essayant de transformer quelque chose de «temporaire» en quelque chose «d’éternel».

Pour la droite israélienne, qui a souvent débattu de l’opportunité d’annexer la “Zone C”, sans faire le pas malgré les appels nationalistes, cette dernière n’est pas un territoire palestinien. Elle ne voit qu’une zone “contestée” en “Judée et Samarie”, se référant au nom biblique utilisé par le gouvernement israélien pour définir la Cisjordanie occupée.

Ces dernières années, plusieurs personnalités de l’extrême droite israélienne et de l’aile dure de la droite classique, telles que l’ancien ministre de la Défense Naftali Bennett, chef du Jewish Home, un parti nationaliste religieux, ou Uri Ariel, ancien ministre de l’Agriculture de Benyamin Netanyahu et Yuli Edelstien ténor de Likoud ont appelé à l’annexion de la zone C.

Certains évoquent même l’annexion de l’ensemble de la Cisjordanie, comme Moshé Feiglin de l’aile droite du Likoud, qui avait proposé, en 2013, de «donner à chaque famille [palestinienne, NDLR] un demi-million de dollars pour encourager l’émigration. “

Benjamin Netanyahu était resté à l’écart de ce débat, avant de promettre, en septembre dernier, une semaine au jour avant les élections législatives qui s’annonçaient compliquées pour son camp, de réaliser le rêve de la droite de sa droite et “d’écrire un glorieux nouveau chapitre de l’histoire du sionisme. “

En faisant campagne à droite et en courtisant l’électorat des colons juifs favorable à l’annexion de vastes étendues de Cisjordanie, il a évoqué “une occasion historique et unique” d’appliquer la souveraineté du pays sur les colonies “en Judée-Samarie et en d’autres endroits clés ».

Une annexion déjà de facto sur le terrain?

Le fait demeure qu’en Israël, l’idée divise la classe politique et la société. Le Jerusalem Democratic Institute, un centre de recherche basé à Jérusalem, a publié début juin un sondage qui montre que seulement 50% des Israéliens soutiennent le projet d’annexion.

De leur côté, un certain nombre de responsables de la sécurité israéliens, en poste ou à la retraite, s’opposent en coulisses à l’annexion, estimant qu’il n’y a rien à gagner à inclure dans la loi une situation qui, de toute façon, existe déjà de facto sur la sol.

En effet, d’un point de vue démographique, la colonisation de la Cisjordanie, qui s’est accélérée sous la direction de Benjamin Netanyahu, au pouvoir sans interruption depuis 2009, a changé la situation en zone C. Selon des chiffres relayés par les médias israéliens, la plupart des 450 000 colons y vivent, contre 200 000 à 300 000 Palestiniens.

Capture d'écran
Capture d’écran © France 24

En outre, d’un point de vue administratif, l’État hébreu conserve le contrôle des questions de sécurité, de planification et de construction et impose des restrictions de circulation, d’accès et de construction aux Palestiniens, à qui Israël accorde rarement un permis de construire dans ce domaine.

En 2016, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a estimé que la politique israélienne dans le domaine C crée un “environnement très coercitif qui nécessite [les Palestiniens] “Une politique jugée” systématique et générale “, qui, selon l’ONU, empêche la population palestinienne de se développer, d’accéder aux ressources en eau, aux pâturages, aux terres agricoles et même aux services de base.

“Toutes ces politiques, menées depuis des années, que ce soit le transfert de Palestiniens, la construction de colonies, le classement des terres dans la zone militaire, visaient à prendre le plus de terres possible avec un minimum de Palestiniens”, a déclaré Majed Bamya, diplomate palestinien à l’ONU, à France 24.

Reste à savoir si Benjamin Netanyahu optera pour une approche maximaliste avec l’attachement à Israël de la vallée du Jourdain et d’une centaine de colonies, ou une approche minimaliste en ciblant une poignée de colonies dans la zone C.

Quel que soit son choix, il devra, malgré les critiques et objections internationales, notamment onusiennes et européennes, accélérer le processus car une défaite de Donald Trump en novembre lors de l’élection présidentielle pourrait contrecarrer son projet.



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